Sourdure & invité·e.s

France

Sourdure invente le grimoire électronique des musiques traditionnelles. Sourdure est Ernest Bergez. Actif au sein de plusieurs formations aventureuses et dévouées aux expériences soniques (Kaumwald, Tanz Mein Herz, Orgue Agnès), Ernest Bergez développe depuis une dizaine d’années une forme hybride et idiosynchrasique de live électroniques. Cherchant toujours la potentielle faille dans le réservoir des formes sonores connues, il s’est façonné une approche radicale de la composition à partir des logiques du collage et du détournement ; rencontre violente, combinaison incongrue, conflit d’échelle, asymétrie… Sous le nom de Sourdure, il s’attaque à l’immense friche des traditions musicales et orales d’Auvergne pour construire une musique composite, difforme, au delà des marges, mais étrangement et solidement ancrée dans le présent. Il aborde ce répertoire avec un esprit de recherche, dans ce qui s’apparente à une mise à l’épreuve totale : transformation des carrures rythmiques, dérive des tonalités, déclinaison des textes, mélanges d’instrumentariums, mais aussi révolution dans ses propres façons de faire. Des airs originaux, Ernest Bergez extrait un panel de caractéristiques : cadence, accentuation, couleur harmonique, micro-motifs, ornements, pour décliner à l’envie de nouvelles tournures mélodiques. La chanson devient un objet expérimental et l’appropriation une forme d’écriture. Fiction sonore biscornue, chanson à potentiel polysémique, en français ou en occitan, chaque morceau est une enclave autonome, dotée de son microclimatémotionnel propre.

Avec la création en 2019 du quatuor Sourdurent, aux côté de Jacques PuechElisa Trébouville et Loup Uberto, il exerce sa plume à l’occitan, se mettant au service d’une musique d’ivresse et de communion et assumant un tropisme pour les musiques populaires du moyen-orient et des pourtours méditerranéens.

Sourdure fait converger ses recherches esthétiques et sa quête poétique en occitan sur De Mòrt Viva’, un disque conceptuel qui prend des formes des système divinatoire, à sortir chez PagansLes Disques du Festival Permanent et Murailles Music le 2 avril 2021.

De Mòrt Viva’ est construite comme un jeu de tarot inventé et  explore l’idée d’un paganisme contemporain en dix odes jubilatoires, humoristiques et spirituelles. L’occitan auvergnat s’impose au crachoir, déployant son maillage métaphorique et polysémique, empreint de la candeur particulière d’une langue nouvellement acquise. La mélodie naît du mot, le poème enfante la chanson, dans une forme qui pourrait rappeler de loin et sans l’érudition, le trobar, l’art des troubadours. Dans cet album-jeu, chaque morceau décrit une situation possible, avec ses émotions et ses enjeux types, ses systèmes de forces souvent réversibles et dont le sens échappe à la pensée manichéenne. Puisant dans les figures sans âge du Carnaval, ces dix chansons arcanes apporteront peut-être à nos consciences de quoi penser autrement les préoccupations contemporaines.

Toujours hybride et exploratoire, la musique de Sourdure se découvre ici des facettes inattendues, embrassant l’art de la chanson, prenant des tournures quasi-opératiques. Exosquelette ou révélateur chimique, l’électronique se camoufle dans les aspérités de la chanson comme pour en troubler les contours. Emportée par une armada de percussions et d’instruments à vent, la voix prend naturellement sa place forte, susurrant, savourant la langue d’oc comme un vin macéré.

On y entend : Laurent Boithias à la vielle à roue; Eloïse Decazes (Arlt) au chant et au concertina; Josiane Guillot à la voix; Wassim Halal au daf; Maud Herrera au chant; Elisa Trébouville (Bourrasque, Sourdurent) au banjo et au chant; Amélie Pialoux (Ensemble Nulla Dies Sine Musica), cornet à bouquin, trompettes anciennes; Jacques Puech (La Nòvia, Sourdurent) à la cabrette.

    
ça s'est passé
au Périscope
Orgue Agnes + Charles Mahaco 01.03.2019 Sourdure + Kim Myhr 26.05.2018 « after » Kaumwald 20.10.2017 Biennale de latence /Dur et Doux 13.05.2016

Ernest Bergez (voix, violon, électronique, podorythmie)

Elisa Trebouville : banjo, fifres, voix, requinto

Wassim Halal : percussions (darbuka, daf)

Amélie Pialoux : cornet à bouquin, trompette baroque

David Fauroux : son

ça s'est passé
au Périscope
Orgue Agnes + Charles Mahaco 01.03.2019 Sourdure + Kim Myhr 26.05.2018 « after » Kaumwald 20.10.2017 Biennale de latence /Dur et Doux 13.05.2016