I N S T I T U T R I C E

France

Percussions amplifiées

La musique d’ I N S T I T U T R I C E évoque par moments les gongs horizontaux appelés kong vong thom de l’orchestre cambodgien, ou les fulgurances d’un ensemble de gongs kolintang de Mindanao, au sud des Philippines. On est ici dans le monde flottant d’un folklore imaginaire dont les sonorités évoquent ces musiques traditionnelles asiatiques, mais étrangement propulsé par un drive puissant, une mise en place au cordeau et troublé de sons électroniques discrets. Les traitements sonores utilisés ne sont jamais en contradiction avec le son des percussions, ne sont jamais incongrus mais plutôt un prolongement naturel qui augmente ou amplifie les percussions. On pourrait dire que, en terme de traitement sonore, I N S T I T U T R I C E travaille toujours « dans le sens du bois ».

À la première écoute, l’album ‘Cohortes’ paraît massif et monolithique, mais il recèle quelques étapes clés et quelques balises pour orienter l’écoute. Le morceau intitulé ‘Werner’, à près de 11 mn 30 s, est la pièce de résistance de Cohortes. Un feu d’artifice de gongs et de cymbales sur fond de drone mystique, c’est un morceau monumental et très prenant. Le cinquième morceau, intitulé ‘Jacques’, exploite des nuances un peu différentes de ce qui précède, avec des percussions frottées à l’archet, des cymbales de l’opéra chinois, un synthétiseur plus présent que sur d’autres morceaux.

On est ici dans le monde flottant d’un folklore imaginaire dont les sonorités évoquent ces musiques traditionnelles asiatiques, mais étrangement troublé de sons électroniques discrets.

 

Éric Bentz (percussions, sons environnementaux, traitement sonore)
Jean-Baptiste Geoffroy (percussions, sons environnementaux, traitement sonore)