Un lieu de vie de musiciens

Le Périscope est un lieu de musiciens. Depuis qu’il s’est ouvert « derrière les voûtes » dans le quartier de la gare Perrache, il a été le lieu privilégié de travail et de rencontres de bon nombre de musiciens lyonnais. La plupart gravitant autour des musiques improvisées et du jazz mais pas uniquement ; des plus jeunes sortant tout juste de l’ENM de Villeurbanne ou des plus anciens déjà pris dans le rythme des tournées. Certains sont partis vers d’autres contrées et d’autres sont arrivés. L’électrique du rock prog et de la noise a tenté de supplanter l’acoustique sans vraiment y parvenir ; la nouvelle scène soul et les grooves en tous genres se sont confrontés à un swing résistant et aux sonorités contemporaines.

Le microcosme qui s’est développé ici n’est pas fermé. Les musiciens évoluent, s’accordent ou se séparent mais restent connectés dans tous les cas : une communauté sans théorie qui suit les évolutions d’une musique en perpétuel mouvement. On peut les croiser au café pour les plus matinaux, alors que l’on tente de débarrasser le Périscope des stigmates d’une soirée qui s’est éternisée autour de la classique interrogation « c’est quoi le jazz ? » ou des caractéristiques méconnues de la scène free norvégienne. Ils travaillent dans un soussol aménagé en véritable « sweat-shop » de production de nouveaux projets, rencontres, impromptus ou groupes immuables.

On peut les retrouver à l’apéro avec les musiciens du soir qui préparent leur concert. On peut les retrouver en pleine nuit de retour d’une salle de concert à l’autre bout de la France.  On peut aussi percevoir leurs échos sur la scène du Périscope en milieu de journée lorsqu’ils apportent les dernières retouches à leurs créations. Depuis le début de l’année, les musiciens de Poil ont ainsi pu finaliser leur nouveau répertoire ; le bien nommé Very Big Experimental Toubifri Orchestra a commencé de construire son nouveau spectacle ; le trio BLAST a continué son travail avec le dessinateur Benjamin Flao. Et bientôt Emmanuelle Legros peaufinera son tout nouveau projet « Tatanka », avant leur concert le 5 mai pour la clôture des 10 ans ; Direction Survet travaillera sur un nouveau répertoire et s’associera à l’auteur Geoffroy Monde pour une création au Lyon BD festival le 5 juin ; Philippe Gordiani attaquera les premières ébauches de son projet autour d’Alain Damasio et sa « Horde du Contrevent »...

Vous ne verrez pas dans les pages de ce programme la totalité de ces projets qui sont en train de s’imaginer ici mais une programmation de concerts et d’événements culturels qui en sont le reflet... le reflet de cette scène artistique qui se construit à Lyon, mais aussi de ce qui se fait ailleurs, et qui vient enrichir celle-ci. Et nul doute que vous pourrez croiser ces musiciens, sur scène bien sûr, mais aussi dans la salle, mélangés au public et toujours prêts à lui livrer quelques secrets de fabrication.  Profitez-en avant tout le monde, ces « secrets » ne le resteront pas longtemps...