The Bridge


mardi 06 février 2018


21h00
ouverture du bar 18h00
ouverture de la billetterie 20h30

Au commencement était la musique libre. Et le goût de l’aventure. Si vous vous êtes déjà demandé comment une nouvelle équipe de musiciens improvisateurs fait concrètement pour se stabiliser, alors même qu’ils ont décidé d’œuvrer dans l’instabilité, celle-ci vous attend au tournant.

Soit un quintette international entendant se vouer et se dévouer à l’improvisation libre, totale et collective, et qui a de très sérieuses raisons pour cela. L’une d’entre elles serait que Keefe Jackson, Dave Rempis, Christine Wodraska, Didier Lasserre et Peter Orins ont répondu à l’appel de The Bridge, réseau transatlantique qui met en relation improvisateurs d’ici et de là-bas, de France et des États-Unis, au gré de formations toujours mixtes, toujours hybrides, toujours phénoménales. Une autre raison, non des moindres, est que pour ces cinq musiciens l’improvisation est une méthode et une philosophie.

On (se) joue de la répartition des rôles et des fonctions en exerçant un esprit critique et une imagination créatrice justement débordants : on invente et ajuste, construit, déconstruit et reconstruit ensemble et en permanence, de façon dialogique, antiphonique ou polyphonique...

Si vous doutez encore que ce soit une méthode et une philosophie chez ces improvisateurs, écoutez plutôt Didier Lasserre pour qui de telles aventures donnent « l’occasion d’éprouver la possibilité même de la rencontre (musicale, sociale, humaine) dans une esthétique marquée, identifiée (le free – au sens large – de ses racines américaines à ses détournements européens) : comment tente-t-on d’être soi-même, et, par cette rencontre, comment y échapper aussi (autrement dit : « Tenter d'élargir le cercle », dixit Barre Phillips) »

Keefe Jackson revient sur l’idée même d’être étrangers les uns aux autres : « Si nous sommes des improvisateurs et que nous nous sentons concernés par les actes de présence que nous faisons à chaque instant, répondre à des questions comme « Qui suis-je ? » ou « Qui sont-ils » ne nous aidera pas à faire de la musique. Improviser avec des étrangers peut se révéler en soi très stimulant : il est plus facile d’éviter les attentes, les parcours familiers qui nous distraient de ce qui est réellement en train de se passer. Cela peut même nous aider à trouver une voie d’accès à la proverbiale et convoitée table rase, qui est également intemporelle. »

Dave Rempis rappelle quant à lui que ces rencontres sont chaque fois uniques, car « chacun a une approche aussi distinctive que son empreinte digitale. En travaillant avec autant d’improvisateurs que possible, on acquiert une meilleure compréhension des solutions et des possibilités musicales, et cela force votre propre langage à s’étendre vers de nouveaux domaines de découverte. »

Crédits photos: Didier Lasser = Caroline Petit / Christine Wodrascka = DR / Keefe Jackson = Jonatan Crawford / Peter Orins = Eric Flogny / Dave Rempis = Geert Vandenpoele